Scavini, tailleur parisien

Une anecdote méconnue concernant Brummell veut que le Beau, apercevant le duc de Wellington (lui-même!) dans la rue, ait immédiatement identifié l’origine du manteau de celui-ci : « C’est Stulze. Ses manteaux ne sont jamais assez unobtrusive » Comprenez : pas assez simples, puisqu’on les reconnait dans la rue. Le risque, selon Brummell, était toujours le même : que l’on réduise l’homme élégant à une simple création de son tailleur. On peut bien dire aujourd’hui que l’on arrive au même résultat avec les intrusions de la mode dans l’art tailleur.

Continuer la lecture
• • •

De la Sprezzatura : cet obscur objet de désir

L’élégance “à l’italienne” est partout admirée et respectée, à un tel point que lorsque les touristes se rendent dans ce pays, ils sont souvent étonnés de constater que bien peu d’Italiens sont en réalité habillés de façon élégante et formelle. Impossible en effet de ne pas reconnaître que le bon goût est à l’évidence devenu une bête étrange pour la plupart des Italiens normaux.

Continuer la lecture
• • •

Vie de Brummell

« Vie de Brummell » est composé par une série de tableaux sur papier ou les gestes du protagoniste, Lord Brummell, sont raconté comme dans un évangile.

Continuer la lecture
• • •

La Femme

Depuis quelques années j’ai le plaisir de connaitre cette bande de fous qui fait La Femme. Leur succès aux Victoires de la Musique en 2014 et le récent concert au Zenith de Paris me donnent envie de leur dédier un post, meme si leur immense travail mériterait une attention qui va au delà de celle que je pourrais lui consacrer.

Continuer la lecture
• • •

Peter Greenaway ou du cinéma baroque

Il paraît que Rembrandt a dit : ‘Si vous avez les yeux, cela ne veut pas dire que vous pouvez voir’. Quand on est est enfant, on apprend l’alphabet, adolescent, on enrichit notre vocabulaire et nos concepts, adulte, on continue ce processus ; mais visuellement, on est et on reste au stade de l’alphabet. Notre capacité à construire des images n’est plus cultivée, et s’appauvrit pour toujours. On donne de l’importance aux textes seulement, et on néglige le regard.

Continuer la lecture
• • •

L’obscur David Hamilton

Il a tout pour déplaire à ma voisine : il s’habille trop bien pour n’avoir pas quelque chose à cacher ; il est trop vieux et, même si à l’époque des faits il devait avoir 40 ans à peine, notre imagination construit son portrait avec son visage actuel, celle d’un homme de 80 ans. On visualise alors ce portrait étrange caresser avec délice ces petits anges innocents. Il est un artiste reconnu et apprécié, avec un marché de galeristes et de collectionneurs qui l’ont rendu très riche ; il faisait partie de ce « monde de l’art » où l’argent coule à flot et dans lequel les journalistes ne fourrent pas leur nez par peur de n’y rien comprendre; il est anglais.

Continuer la lecture
• • •

Le Vittoriale des Italiens, la dernière demeure de Gabriele d’Annunzio

Riche de réputation bien plus que dans les faits, cet inimitable dandy gaspillait sans compter. Jugé “dangereux” par les hommes alors au pouvoir, ses dettes étaient couvertes par l’Etat ou volontairement oubliées. Même s’il était l’ecrivain le mieux payé d’Italie, d’Annunzio dépensait quand même plus que ce qu’il arrivait à gagner, tout en affirmant que les dettes le faisaient se sentir jeune. Mais quel honneur, et quelle chance pour ses fournisseurs ! Une seule commande du Commandant était une excellente réclame pour leurs affaires. C’est pourquoi les grands noms de la bijouterie et de l’artisanat italien n’hésitaient pas a contenter ses plus bizarres requêtes…

Continuer la lecture
• • •

Monsieur, revue des élégances, des bonnes manières et de tous ce qui intéresse Monsieur

Le trio d’origine était conscient que Monsieur était prioritairement destiné à une société aisée parisienne (et donc européenne) ainsi qu’aux dandys du théâtre, du cinéma, de la musique, de la littérature et des arts. Ils reconnaissaient que seule cette élite sélectionnée, à l’époque, pour l’éducation, le prestige familial, et plus exceptionnellement pour le compte en banque, était en mesure d’apprécier et ainsi de mériter une revue luxueuse et conforme au style de vie qu’elle se vantait de mener.

Continuer la lecture
• • •

Les années 30-Soixante-dix

L’homme de goût des années Soixante-dix ne se laissait pas aller aux traumatisantes manies comme les chemises à plastron de dentelle (parfois bordé de noir!), ni il tergiversait sur des costumes en fibres plastiques, ni il se laissait tenter par les bottines en piton compensés avec poissons rouges dans la plate-forme transparente… Le dandy des années Soixante-dix savait choisir avec goût ce que le bazar de la mode de l’epoque lui proposait. Les photos qui illustrent cet article veulent donner une idée de cette particulière understatement dans la flamboyance.

Continuer la lecture
• • •

Le Kabarett der Namenlosen

Au beau milieu de tout ça, un jeune marin au maquillage fatigué, gis accoudé au piano droit ; à son coté une violoniste aux cheveux roses vêtue d’une vieille robe chinoise aux broderies décomposées ; un colosse blond avec rien qu’un petit short doré, subit, avec grande peine les hommages orales d’une fille complètement nue dans une pose quelque peu avachie, les cheveux roux décoiffés artistiquement, le même mascara que la nuit d’avant. Une créature exotique, coiffée comme une déité égyptienne, semble attendre quelqu’un pour une séance de tarot (ou de spiritisme?), et enfin, une fille en robe blanche tremble sur son fauteuil en cuir, un lacet serré autour de son avant-bras, seule avec ses fantômes et ses aiguilles…

Continuer la lecture
• • •